Vous êtes ici

Quelle place pour les femmes dans l'écosystème de l'innovation ?

Publié le 09/01/2017 dans Ecosystème
Ecosystème

Près de 30% des ingénieurs français diplômés en 2015 étaient des ingénieures (contre 10% en 1980), rapporte l’édition 2016 de l’enquête d’Ingénieurs et scientifiques de France (IESF).
Si l’on compte 65% de jeunes femmes dans les écoles de sciences du vivant et de chimie, le chiffre est considérablement plus bas dans les filières de la mécanique et du numérique.
 

Un phénomène qui se retrouve sur le marché du travail où la proportion hommes/femmes varie fortement selon le secteur comme a pu le constater Mathilde Le Roy.

Issue du milieu culturel dans lequel les femmes sont assez présentes, elle fonde KAZoART, une galerie d’art en ligne, et se retrouve plongée d’une part dans la culture très masculine du développement web, et d’autre part dans le monde des stratupers basé sur la performance et l’ambition, un monde dans lequel il peut être plus difficile de faire sa place en tant que femme.
 

Une réelle différence culturelle

Les femmes qui entreprennent et innovent doivent souvent travailler sur la perception qu’elles ont de leur crédibilité ainsi que sur leurs ambitions. Elles ont plus tendance à douter de leurs capacités entrepreneuriales, de leur légitimité. Elles ont également tendance à « demander moins », explique Caroline Ramade, déléguée générale adjointe de Paris Pionnières « Elles demandent moins de fonds aux investisseurs, présentent des business plans moins ambitieux, non pas parce qu’elles ne croient pas en leur projet, mais parce qu’elles n’osent pas. »
 

Une attitude qu’a également souvent observée Martine Viguier consultante en entreprenariat féminin et fondatrice de plusieurs clubs et réseaux féminins : « Les femmes arrivent dans le club avec un « petit » projet, une « petite idée », un « petit site internet ». Nous les aidons à assumer leurs ambitions.» En revanche, lorsqu’elles se lancent, elles foncent.

Leurs qualités de sensibilité sont un réel atout, comme le souligne Laure De Boerio, fondatrice de Paris Helpline : « les femmes sont généralement plus sensibles à ce qui les entoure, ce qui les rend très performantes dans la perception des besoins utilisateurs. Elles captent les nuances, les tendances. » Elles placent l’humain au cœur de l’aventure et sont sensibles aux retours, à l’échange, un réel atout pour bien s’entourer et construire un réseau fort.
 

La mixité comme moteur de performance

Une étude du cabinet Global Contact publiée le 3 Novembre 2016 montre que les entreprises françaises dans lesquelles travaillent autant d’hommes que de femmes sont plus performantes d’une part mais également que l’épanouissement au travail y est plus important (environ 20% de performance supplémentaire dans les équipes mixtes).
 

Une philosophie qu’a adoptée depuis longtemps Paris Pionnières, l’incubateur le plus mixte de Paris. Pour pouvoir entrer dans l’incubateur, l’équipe dirigeante doit être constituée d’au moins une femme. « A travers des dispositifs d’accompagnement tels que le Possible Camp, le 66 miles, Paris Pionnières aide les entrepreneures et intrapreneures à se révéler, à déclencher l’aventure et surtout à se rendre compte que c’est possible ! » nous explique Caroline Ramade.
 

Mathilde Le Roy, dont le projet a été incubé à Paris Pionnières fait l’analyse suivante : « Etre incubé à Paris Pionnières permet d’évoluer dans un environnement intéressant et de côtoyer des alter-egos femmes qui concilient projets professionnels et  vie personnelle. C’est aussi une aventure qui permet de rencontrer des mentors, des modèles. »
Paris Pionnières n’est d’ailleurs pas la seule structure à prendre ce parti et de nombreuses initiatives émergent afin d’encourager les femmes à se lancer, à travers la formation (formation Femmes et Talents à l’ESSEC), la création d’opportunités (GEFStart-up organisé par l’association Grandes écoles au féminin), etc.

 

Cause ou conséquence, Paris se classe à la 6° position des villes où il fait bon innover en tant que femme selon une étude Compass publiée en 2015. 21% des start-ups y sont créées par des femmes, contre 17% en moyenne en Europe et 9% à Berlin. Un taux qui a considérablement augmenté puisqu’il était de 10% en 2012.
 

Reste le challenge de poursuivre la féminisation de l’écosystème tech afin d’atteindre la mixité dans le plus d’entreprises possible. L’éducation, l’apparition de nouveaux « role models » et de mentors, sont autant d’éléments qui encourageront la vocation des futures ingénieures, des futures codeuses et des futures chefs d’entreprises et permettront d’atteindre une réelle mixité.

Car à travers la mixité, il est alors possible de s’appuyer sur les talents avant tout et de miser sur la complémentarité des équipes, et la performance collective.

 

Chez Efficient Innovation, nous avons la chance d’évoluer au sein d’une structure mixte composée à 51% de femmes. Parmi ces femmes, 68% sont Ingénieurs et/ou Docteurs et 13% sont issues d’autres formations Bac +5 (Ecoles de commerces, Masters de gestion, etc). 

 

Elles ont contribué à cet article et vous livrent leurs conseils

  1. Ne pas douter de ses capacités entrepreneuriales et persévérer dans son projet
  2. Communiquer sur son projet
  3. S’entourer d’un réseau fort
  4. Demander plus d’argent lors des levées de fonds

 

 

Laure de Boerio, créatrice de Paris Helpline.

Paris Helpline, accueille les visiteurs étrangers dans leur langue et leur simplifie la ville. Son application interactive leur permet d’être en contact permanent avec ses City Helpers partout dans la ville, qui répondent de façon personnalisée à toutes leurs questions et tous leurs besoins en temps réel (itinéraire, recommandation, explication, réservation, traduction, etc.) afin d’optimiser leur expérience.

 

Mathilde Le Roy, fondatrice de KAZoART

KAZoART est une marketplace « artist-to-consumer » permettant d’acheter en ligne des œuvres d’arts auprès d’artistes de talent encore non cotés et sélectionnés par des experts du monde de l’art. 

 

Martine Viguier, consultante entrepreneuriat féminin et réseaux professionnels     

Martine Viguier transfère ses compétences à travers des conférences, des formations, et des animations de clubs d’entrepreneures.

 

Caroline Ramade, déléguée générale de Paris Pionnières

Paris Pionnières accompagne les femmes entrepreneures et intrapreneures ainsi que les équipes mixtes dans l’incubation de leurs start-ups et projets. 

Par Coralie Lefevre, consultante chez Efficient Innovation.